Pommerit-le-Vicomte

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Pommerit-le-Vicomte, quelques liens en relation avec son histoire.

Pommerit, Pommerut

La graphie "Pommerut" se trouve dans divers documents :

Extrait

District de Pontrieu, 9 cantons.
Pontrieu, Les Ardrieux, Paimpol, Plouha, Yvia, Lanvollon, Pommerut, Saint-Gilles, La Roche-d'Eriens.

Extrait

Pommerut, village, ch. l. de cant. dist. de Pontrieu, près Pontrieu.

Extrait

Lanvollon. Salaun.
Pommerut. Yves Letanass.

Extrait

...Peumerit-Quintin, Pommerit-Jaudy, Pommerit-le-Vicomte dans la partie celtisante de Côtes-d'Armor. Les variantes orales de ces noms (Peurid/Purid) supposent un "m" qui après mutation en "w" (on le retrouve dans Panwrid la forme bretonne Pommerit-le-Vicomte), a été assimilé par la voyelle précédente, longue sous l'accent ; cette évolution phonétique explique les noms de hameaux Les-Purit (la cour/le manoir de Peumerit, Finistère), (Ker-Burit (le hameau de la pommeraie) à Saint-Thois (Finistère).

Etant donnée l'importance du nom celtique de la pomme (ex. : gaulois aballo, breton aval, etc.) il est tout à fait possible que Peumerit/Pommerit (le suffixe -it, du latin -etum) ait plutôt désigné le verger que simplement la pommeraie ; nous constatons un phénomène analogue en latin avec, d'un côté, pomus (arbre fruitier), de l'autre malus (pomme).

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Carte

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Carte imprimable :

Annales de Bretagne. Tome 54, numéro 1, 1947. Chronique géographique des pays celtes.

Généralité

Vocabulaire

Poulpris ou pourpris 
Pourpris. s. m. Enceinte, enclos ; ce qui enferme un lieu, un espace. Le pourpris d'un temple, le pourpris d'un champ. Il est vieux. Poétiq., Le céleste pourpris, les célestes pourpris, Les cieux. Les habitants des célestes pourpris.
Source : https://www.google.fr/books/edition/Dictionnaire_de_l_Acad%C3%A9mie_fran%C3%A7aise/Pe5DAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=pourpris&pg=PA516&printsec=frontcover

Autres sources

Personnalité

Botmiliau de la Villeneuve

blason correspondant à Botmiliau de la Villeneuve
Extrait

Botmiliau de la Villeneuve, en Pommerit-le-Vicomte (1) (Marie de), (n° 236). ; D'azur à trois cloches d'argent, bataillées de sable. ; Yves épousa Marie le Roux de Coëtando en 1480.

Evénements historiques

Attentas des Penthièvre

Extrait

Attentats des Penthièvre contre le duc Jean V, 1420-1422

Vicomté de Pommerit

Extrait

Que si de Guingamp nous descendons vers son port, nous traversons la vicomté de Pommerit, assez ancienne pour que nous en disions quelques mot.

A l'ost de 1294, elle est nommée, mais incidemment, « La terre au vicomte de Pomerit, en Plangonoall, y est-il dit, doit deux chevaliers (1.1). » Par ailleurs, il n'est nullement question ni de Guingamp ni de la vicomté, tant cette feuille de revue est incomplète.

La première famille que nous trouvons à la tête de cette seigneurie de Pommerit, c'est la famille du Châtelier (1.2). Dès le milieu du XIe siècle, Hamelinus de Castelario appose son sceau à l'acte de donation de deux églises, donation faite par l'évêque de Rennes au Mont-Saint-Michel. D'autres du Chastelier firent également comme témoins dans des chartes du XIIe siècle ; et l'un d'eux, Henri, aumône une terre au Rillé, en 1163 (2.1).

Guillaume "de Chastelier" apparaît en 1171 ; et, en compagnie du seigneur de Fougères, il assiste à la fondation de l'abbaye de Bon-Repos, en 1184.

Il n'est guère question des du Châtelier au XIIIe siècle ; mais, en 1349, Guillaume avait épousé Amice de Léon ; et, pour obtenir sa dot, il était obligé de plaider devant le roi de France. Il gagna son procès ; mais, en 1377, sa veuve et son fils Jean n'avaient pu encore se faire payer que par de belles phrases, que le vicomte de Léon ne se lassait pas de prodiguer (2.2)

En 1379, Jean du Chastelier, vicomte de Pommerit, à la tête de neuf écuyers, prenait part à la campagne de Normandie, sous le duc de Bourgogne ; puis il commandait douze écuyers dans l'armée de Bertrand Du Guesclin. En 1381, il signait le traité de Guerrande.

(1.1) Act. de Bret. I, 1113 ; (1.2) Elle portait d'or à neuf quintefeuilles de gueules, nous dit Guy Le Borgne. (2.1) Pr. de l'Hist. de Bret. I, 398, 526, 623, 629, 632, 652 ; (2.2) Ibid. 664, 697, 1025, 1465, 1467, 1530, 1531 ; (3) Du Paz nous paraît confondre ce Jehan du Chastelier avec François, qui épousa Jeanne de Rohan, à la fin du siècle suivant. (Hist. génélog. 42).

TRANSCRIPTION A POURSUIVRE

Baliveau ou Balivo

Oppidum :

Baliveau, définition :

Références sur Gallica :

Ruines du château du Baliveau

Extrait
Cette commune importante, qui a une superficie de 3 303 hectares, est aussi appelée Pommerit-les-Bois, parce qu'elle est couverte d'arbres ; le sol en est uni au centre ver le S., mais accidenté et très pittoresque dans le N. L'église est, en grande partie, du XIVe siècle, et possède une belle maitresse vitre ; sa tour, surmontée d'une jolie flèche en granit, haute de 34 mètres, date de 1712.

Pommerit-le-Vicomte était autrefois le chef-lieu d'une importante seigneurie, ayant le titre de vicomté ; sa juridiction s'étendait non seulement sur cette paroisse, mais encore sur celles de Saint-Gilles, Gommenec'h, Le Merzer, Le Faouet, Quemper-Guezennec et Saint-Clet.

La chapelle du Paradis, bel édifice du XVIe siècle, restauré en 1819, et celle du Folgoat, qui est un lieu de pélerinage très fréquenté, sont sur le territoire de la dite commune, où l'on remarque également les ruines du château du Baliveau et un dolmen, au milieu de belles plantations, près du château de Kerbic.

Bibliothèque Bretonne, 1851

Extrait

[229] - A l'angle nord du bois de Pommerit, on voit l'emplacement du château de Baliveau : c'est un polygone arrondi, entouré de fossés toujours pleins d'eau.

Extrait

[614] - Il existe aussi à l'angle nord du bois de Pommerit, des vestiges d'une ancienne tour ou château ; il n'en reste que les fossés toujours pleins d'eau ; on cultive l'intérieur ; sa contenance est de 54 ares 60 centiares. C'était un polygone arrondi, mais dont on ne peut plus compter les angles ; il a conservé le nom de château de Baliveau. On ne peut connaître l'époque de leur construction, ni celle de leur démolition, ni leur ordre d'architecture.

Le Balivo, château de terre

Extrait

Balivo (le), château de terre en Pommerit-le-Vicomte. 65 (1933) M 68


Extrait

Pour rester dans les Côtes-du-Nord, M. Le Bourdellès nous promet des détails et plans sur les restes de fortifications dites Château de Balivo ou du Baliveau, visibles à Pommerit-le-Vicomte, où Ogée voit un ancien château fort du XIIe siècle, et Gaultier du Mottay, un refuge du VIIIe au Xe.

Chapelle du Paradis

Extrait

A une distance d'environ deux kilomètres du bourg de Pommerit-le-Vicomte, s'élève, au bord d'un chemin, la chapelle du Paradis, élégant édifice des XVe et XVIe siècles, qui conserve encore des emblèmes héraldiques à peu près intacts. Le portail latéral, surtout, brille par la richesse de son ornementation. Il se compose d'arcs surbaissés, qu'enveloppe une gracieuse accolade terminée par un fleuron et décorée de crochets. Deux légères colonnettes à pans coupés encadrent la porte, et leurs pinacles traversent un cordon de feuillage qui passe derrière la pointe de l'accolade, à la naissance du fleuron.

Restmeur

Extrait

Et de fait, ce château du Restmeur situé à deux lieues de Guingamp, aux abords de la route actuelle qui mène de Squiffiec à Pommerit-le-Vicomte, est bien la demeure la plus perdue et la plus isolée qui soit, au milieu de ses grands bois. Flanqué de deux pavillons détachés dont celui de droite servait de chapelle et celui de gauche se prolongeait par de vastes écuries...

Elément remarquable

Coordonnées géographiques :

  • 48,602864 N 3,112945 O
  • 48° 36,171840' N 3° 6,776700' O
  • 48° 36' 10,31" N 3° 6' 46,602" O

Kervézélec, Kerbrésellec, Kerbrézellec

Extrait
Kervézélec, enceinte fortifiée en Pommerit-le-Vicomte. 65 (1933) 65.

Extrait
1540-1777. Paroisse de Plounevez-du-Faou. Aveux et dénombrements de terres, de rentes, de maisons, de convenants, d'héritages tenus à foi et hommage ou à simple obéissance, sous le ressort de la barre royale de Châteauneuf et Landeleau, par le vassaux dont les noms suivent : Yves Leroux, seigneur de Kerbrezellec (1540), Guillaume et Louis Ansquer, écuyers...

Extrait
Le cinquiesme jour de juillet 1596 fust nay en la maison de Kerbrésellec (2), sur les quattre heures après midy, mon segond filz, et fust babtissé en l'esglisse paroichiale de Pommerit-l-Vicomte (3) par maistre Allain Correc, curé de la dite paroesse ; et fust compère Toussaints de Périen, sieur de Kerbrésellec t Bréseillac, et commère haulte et puissante dame Janne de Quellenec dame de Kerjollis (4) qui le nomma, du nom de son dernier mary, Morisse. Le petit mourut à la fin de septembre 1597 agé de 15 mois.
(2) Kerbrésellec, commune de Pommerit-le-Vicomte ; (3) Pommerit-le-Vicomte, canton de Lanvollon, arrond. de St-Brieuc (Cotes-du-Nord)

Extrait
Seigneurie de Kerbrezellec ; E. 1876. (Liasse.) - 5 pièces, papier
1683-1734. Ferme de la terre et seigneurie de Kerbrezellec, consentie par Guillaume Dinan Du Breil, comte de Retz, pour 3 000 livres par an ; procédure relative au résiliment de ladite ferme, etc. (La seigneurie de Kerbrezellec était située dans la paroisse de Pommerit-le-Vicomte.)

Blason-vairé d'argent et de gueules.png
Extrait
Roux (Le) de Kerbrezellec (arg. et gu.) [vairé d'argent et de gueules]

Note : argent pour un gris clair, gueules pour le rouge.

Kerbic

Extrait

Seigneurie de Kerbic ; E. 1972. (Liasse.) - 2 pièces, papier

1606-1691. Aveu fourni à messire Guy de Durasfort, maréchal de France, comte de Lorges et de Quintin, baron d'Avaugour, etc., par Pierre Raison, pour le lieu noble de Keravel, dépendant de la seigneurie de Kerbic. Contrat de vente concernant douze boisseaux de froment dus sur Liorz-an-Bellec, au village Kerbanefas. (La seigneurie de Kerbic relevait de la vicomté de Pommerit.)


Extrait

...beaucoup fréquenté le manoir de Kerbic.

Le manoir est actuellement occupé par M. de Villeneuve, lequel a épousé une demoiselle de La Motte-Rouge.

C'est dans le cadre pittoresque de Kerbic que M. de Villeneuve m'accueille avec beaucoup de courtoisie et accepte obligeamment de me décrire la personnalité remarquable de Christian de la Motte-Rouge.


Extrait

POMMERIT-LE-VICOMTE. cne de Lanvollon, arrond. de Saint-Biruec (Côtes-de-Nord).

Au sud du château de Kerbic, à environ 500 mètres, se trouve un dolmen appelé Kerbic ou Guel-ann Ermit, "le lit de l'Ermite". Sans trace de tumulus détruit, ce dolmen en granit du pays, ouvert au Nord, comprend une seule chambre ayant la forme d'une équerre. La table de recouvrement, en forme de coin, a 3,50 m de long, 1,65 m de large, 0,90 m d'épaisseur du côté O. ; les supports sont aujourd'hui enfouis ; la table seule émerge de terre. (G. de la Chenelière, Inventaire des mon. mégalith. des Côtes-du-Nord, 1883.)

Extrait

La Motte-Rouge...

...(né au château de Kerbic le 24 août 1895. Fils du Vte et de la Viesse né De Launay.

Guide des sites et monuments pittoresques des Cotes-du-Nord, F. Hédou de la Héraudire, architecte, 1909

Extrait

Pommerit-le-Vicomte
VIII. 8 kil. ; 32 kil. ; Ch. G. C. 32 de Lanvollon à Bégard.
P.T.T Pommerit-le-Vicomte. H. 2 426

Dolmen près du château de Kerbic, au milieu de belles plantations.

If très curieux, 8,50 m de circonférence, ses branches couvrent une superficie de 169 mètres carrés.

Eglise en partie ogivale, chevet du XIVe siècle avec maîtresse vitre, clocher de 1704-1712 au fronton dorique, avec écu du duc de Lorges.

Au cimetière calvaire du XVe siècle avec chaire à prêcher.

Chapelle de N.-D. de Paradis, près de la gare ; à la porte principale, écu des Châtellier. Elle fut commencée en 1398 et achevée en1415, style gothique, restaurée en 1720 et 1819.

Devant la chapelle, calvaire sur socle octogonal très élevé, avec un apôtre sur chaque face.

Chapelle de N.-D. du Folgoat, avec Scala Sancta. Ch. G. C. 54.

Ruines du château de Baliveau, XIIe siècle, au Nord du bois de Pommerit. Vieux souvenirs en ruines à Kergougard et le Restmeur.

Géographie département des Côtes-du-Nord, J. Gaultier Du Mottay, 1862

Extrait

[183]
Pommerit-le-Vicomte, 3 030 hab. ; bornée au N. par Saint-Clet et Saint-Gilles-les-Bois ; à l'E. par Gommenech et Goudelin ; au S. par Le Merzer et Saint-Agathon ; à l'O. par Pabu, Trégonneau et Squiffiec ; Le
[184]
Trieux la sépare de ces deux dernières communes ; traversée par la route départementale n° 5, le chemin de grande communication n° 54 et les chemins d'intérêt commun n° 21 et n° 28 ; école de garçons, 89 élèves ; de filles, 80 élèves ; dépend de la perception de Lanvollon ; résidence d'un notaire ; on parle le breton ; faisait partie de l'ancien évêché de Tréguier ; foires le lundi après le 3e dimanche d'août et le lundi après le 1er dimanche d'octobre. Cette commune est aussi appelée Pommerit-les-Bois, parce qu'elle est en effet très-couverte d'arbres. Le sol en est uni au centre et vers le sud, mais il est accidenté et très-pittoresque dans le nord. Bien qu'humide et marécageux en grande partie, il est parfaitement cultivé et donne des produits considérables en céréales de toute espèce ; beaucoup de prairies artificielles fournissent également d'abondantes récoltes fourragères. L'église de Pommerit-le-Vicomte est dédiée à saint Pierre et à la sainte Vierge ; on y remarque une très-belle maitresse vitre du XIVe siècle, veuve maintenant de sa verrière. Sa tour, surmontée d'une haute flèche en granit, date de 1712 ; le pardon de cette église commence le 1er dimanche d'octobre et dure trois jours. Le chapelle du Paradis est un bel édifice du XVIe siècle ; celle du Folgoat, un peu plus ancienne, est un lieu de pèlerinage très-fréquenté. Pommerit-le-Vicomte était autrefois le chef-lieu d'une importante seigneurie ayant le titre de vicomté ; sa juridiction s'étendait non-seulement
[185]
sur cette paroisse, mais encore sur celle de Saint-Gilles, Gommenech, Le Merzer, Le Faouët, Quemper-Guézennec et Saint-Clet. Elle appartint primitivement à la maison du Châtellier et passa ensuite dans celles du Chastel, Gouyon de la Moussaye et Durfort, duc de Lorges, dont les armes, appuyées sur le bâton de maréchal de France, ornent encore le portail de l'église de Pommerit. Près du château de Kerbic, et au milieu de belles plantations, on remarque un dolmen. Geoffroy de Coëtmoisan ou de Kermoisan, évêque de Quimper en 1338 et Dol en 1374, et Jean Le Brun, aumônier du duc Jean IV et mort évêque de Tréguier en 1378, sont nés en cette commune. Points culminants : Le bourg, 102 m ; Kervec, 106 m ; Kerlan, 117 m. Géologie : constitution granitique ; roche amphibotiques ; argile propre à la poterie. Maires : 1800, L. Marquier ; 1826, A. Floyd ; 1830, J. Mazé ; 1832, J. Le Page ; 1846, Al. Floyd ; 1852, Ad. Floyd.

Mémoire de la société archéologique et historique des Côtes-du-Nord, tome VI, 1874

Extrait

Commune de Pommerit-le-Vicomte.

Epoque celtique. Dolmen ou plutôt restes d'une allée couverte à Kerbic, au milieu d'un bouquet d'arbres ; quatre supports, soutenant une large table, sont encore debout.

Epoque romaine. Découverte, en 1828, à la limite de cette commune, du côté de Gommenec'h, d'une grande quantité de petits bronzes aux effigies de Tétricus père et de Tétricus fils. (Musée de Saint-Brieuc).

Moyen-âge. Emplacement polygonal d'environ un hectare de superficie, entourés de fossés remplis d'eau, d'un ancien château appelé Le Balivo. Cette enceinte a dû, selon toute probabilité, service de lieu de refuge du huitième au dixième siècle. Eglise de diverses époques ; la partie la plus ancienne est son chevet du quatorzième siècle, percé d'une maîtresse vitre à réseau quadrilobé. Tour surmontée d'une flèche en granit, datée de 1712 ; la porte est décorée d'un fronton brisé, au centre duquel est sculpté en ronde bosse l'écu du duc de Lorges, appuyé sur deux bâtons de maréchal de France posés en sautoir. Inscription sur la tour en mots écrits à rebours. ETTEC RVOT TUF TSYAF RAP NV EDNALRI NE L 2171 (Cette tour fut fayst parun Ilandé en L. 1712). Dans le cimetière, calvaire en granit du quinzième siècle, autour de la base duquel se trouve une chaire à prêcher. Chapelle de Notre-Dame du Paris, remarquable ; la porte principale, décorée d'une accolade à feuillages, est surmonté de l'écu des fondateurs (Du Chatellier), seizième siècle. Non loin d'elle, un calvaire en granit du même temps, posé sur un socle élevé et octogone, montre sur chacune des faces de ce socle une figure d'apôtre sculptée en relief.

Mémoire de la société archéologique et historique des Côtes-du-Nord, tome 1, 1884

Extrait

Commune de Pommerit-le-Vicomte.

Epoque celtique. Dolmen ou plutôt restes d'une allée couverte à Kerbic, au milieu d'un bouquet d'arbres ; quatre supports, soutenant une large table, sont encore debout.

Epoque romaine. Découverte, en 1828, à la limite de cette commune, du côté de Gommenec'h, d'une grande quantité de petits bronzes aux effigies de Tétricus père et de Tétricus fils. (Musée de Saint-Brieuc).

Moyen-âge. Emplacement polygonal d'environ un hectare de superficie, entourés de fossés remplis d'eau, d'un ancien château appelé Le Balivo. Cette enceinte a dû, selon toute probabilité, service de lieu de refuge du huitième au dixième siècle. Eglise de diverses époques ; la partie la plus ancienne est son chevet du quatorzième siècle, percé d'une maîtresse vitre à réseau quadrilobé. Tour surmontée d'une flèche en granit, datée de 1712 ; la porte est décorée d'un fronton brisé, au centre duquel est sculpté en ronde bosse l'écu du duc de Lorges, appuyé sur deux bâtons de maréchal de France posés en sautoir. Inscription sur la tour en mots écrits à rebours. ETTEC RVOT TUF TSYAF RAP NV EDNALRI NE L 2171 (Cette tour fut fayst parun Ilandé en L. 1712). Dans le cimetière, calvaire en granit du quinzième siècle, autour de la base duquel se trouve une chaire à prêcher. Chapelle de Notre-Dame du Paris, remarquable ; la porte principale, décorée d'une accolade à feuillages, est surmonté de l'écu des fondateurs (Du Chatellier), seizième siècle. Non loin d'elle, un calvaire en granit du même temps, posé sur un socle élevé et octogone, montre sur chacune des faces de ce socle une figure d'apôtre sculptée en relief.

Société d'émulation des Côtes-du-Nord, bulletins et mémoires, tome LXXI, 1939

Extrait

Pommerit-le-Vicomte.

Eglise Notre-Dame. Edifice en forme de croix latine comprenant une tour extérieur, une nef avec bas côtés de cinq travées, un transept et un choeur accosté de deux chapelles ouvrant également sur le transept.

À l'exception de la tour, il est moderne et a été édifié sur les plans de M. Faure parM. Le Besque, entrepreneur. La tour fut construite de 1704 à 1712. Elle est dûe à la unificence du recteur Jacques de la Grève (recteur de 1668 à 1715), dont on voit les armes sous le porche : armes en alliance de la Grève et Fanois. Elle est décorée des armes en ronde bosse du duc de lorges appuyée sur deux bâtons de maréchal en sautoir. Une inscription, en mots écrits à rebours, indique : Cette tour fut fyst par un Irlandé en L (an) 1712.

Le reste de l'édifice fut commencé au printemps de 1914, mais interrompu par la guerre. La bénédiction solennelle de la première pierre eut lieu le 26 ocobre 1919 et celle de l'église le 27 octobre 1921.

Mobilier : retable d'albâtre anglais du XVe siècle ; confessionnaux du XVIIe, statues anciennes de saint Michel et saint Antoine ermite.

Chapelle du Paradis. Edifice rectangulaire du début du XVIe siècle, classé le 31 octobre 1912.

Sur la porte sud, ainsi que sur la tour, se voient les armes en alliance de François du Chastel, vicomte de Pommerit, et de sa femme Claude du Chastellier, mariés en 1522. Le porche ouest Renaissance, le portail midi encore gothique de conception mais d'influence anglaise, une piscine élégante du XVIe, et de curieuses gargouilles méritent l'attention.

La chapelle fut restaurée en 1741, puis vendue sous la Révolution le 11 frimaire an III à Marie-Moricette de Cremeur, habitant alors le château de Munehorre, qui en fit don à la fabrique le 25 mai 1818. Erigée en chapelle de secours le 17 octobre suivant, elle fut restaurée en 1819 et à nouveau en 1931, époque où l'on deboucha et vitra le fenestrage du chevet.

Mobilier : statues anciennes de la sainte Vierge et de sainte Anne ; tableau du XVIIe siècle représentant la descente de Croix (classé).

Sur le placître, calvaire classé le 10 novembre 1913.

Chapelle Notre-Dame du Folgoat. Edifice, en forme de croix latine avec chevet à pans coupés, reconstruit en 1839. L'édifice précédent, datant du XVe siècle, avait été donné à la fabrique le 26 décembre 1826 et érigé en chapelle de secours le 6 juin 1827.

À côté de la chapelle, édicule moderne permettant de célébrer la messe en plein air.

Chapelle Saint-Tugdual, détruite avant 1789.

Chapelle Saint-François de Sales, détruite au XIXe siècle.

Chapelle Saint-Jérôme, détruite au XIX siècle. Une petite croix de fer marque l'emplacement sur le talus d'un champ de la ferme de la Villeneuve.

Chapelle Saint-Pierre Le Gal, près du Trieux, détruite au XIXe siècle.

Chapelle de Kercongard, détruite. Elle avait été fondée en 1648 par Alain le Charpentier.

Chapelle du Rumeur, détruite avec le château.

Chapelle du Resmeur, dédiée à N.-D. de Grâces. Edifice de plan rectangulaire formant le pavillon gauche de l'entrée du château. Il date du XVIIIe siècle, et permission d'y célébrer la messe fut donnée en 1763 par Jean-Hyacinthe Chrestien de Tréveneuc, vicaire général de Mgr de Cheylus.

Il est voûté d'un intéressant lambris, et renferme les statues de Notre-Dame de Grâces et de saint Yves. Depuis quelques années, l'on y a transporté le retable du maître-autel de l'ancienne église Saint-Blaise de Pestivien, retable du XVIIIe siècle portant l'inscription suivante : DONUM . DIVO BLASIO HUIUS ECCLESIAE PATRONO FACTUM A. F. DERINE MOESSART ET EIUS CONIUGEI MOESSART : DO(MI)NO G. LE DANTEC CURATO F. P. Y. LE BRAS 1749

Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, par Pierre Larousse, tome 12, 1874

Extrait

Pommerit-le-Vicomte, bourg de France (Côtes-du-Nord), cant. de Lanvollon, arrond. et à 29 kilom. N-O. de Saint-Brieuc ; pop. agglo., 686 hab. - pop. tot. 3 091 hab. Minoteries ; exportation de grains, lin et bois de chauffage. Dans le cimetière s'élève un if remarquable, dont le tronc mesure 9 mètres de circonférence et dont les branches couvrent une superficie de 170 mètres. Aux environs du bourg, ruines du château de Baliveau ; beau dolmen.

La Bretagne maritime par B. Girard

Extrait

Cette commune importante, qui a une superficie de 3 303 hectares, est aussi appelée Pommerit-les-Bois, parce qu'elle est couverte d'arbres ; le sol en est uni au centre ver le S., mais accidenté et très pittoresque dans le N. L'église est, en grande partie, du XIVe siècle, et possède une belle maitresse vitre ; sa tour, surmontée d'une jolie flèche en granit, haute de 34 mètres, date de 1712.

Pommerit-le-Vicomte était autrefois le chef-lieu d'une importante seigneurie, ayant le titre de vicomté ; sa juridiction s'étendait non seulement sur cette paroisse, mais encore sur celles de Saint-Gilles, Gommenec'h, Le Merzer, Le Faouet, Quemper-Guezennec et Saint-Clet.

La chapelle du Paradis, bel édifice du XVIe siècle, restauré en 1819, et celle du Folgoat, qui est un lieu de pélerinage très fréquenté, sont sur le territoire de la dite commune, où l'on remarque également les ruines du château du Baliveau et un dolmen, au milieu de belles plantations, près du château de Kerbic.

Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département, Benjamin Jollivet, 1854

Extrait des pages 194 à 200

Extrait

[194]
St-Jérôme, Kerespertz, Guervran, Kerbillot, Kerézélec, Kerhon, Keropertz, Kersemper, Kerbertou, Poutranet, Lan Restmeur, Languern, Kermoisan, Lanveur, Kerbouillonou, Kerbescont, Kerhervé, Kersimon, Kerodren, Keruzec, Kerjavré, Kervaudry, St-François, Croas-Guen, Kervenot, Le Corpon, Keroualzé, Kergongar, Pouldu, Kerbic, Kervec, Kerbonom, Lan-Thépault, Kervan, Folgoat, Kerdanet, Pebregat, Kernivinen, Kermarhat.

[195]
Elle est limité, au nord par Saint-Clet et St-Gilles ; à l'est par Gommenech, Goudelin ; au sud par le Merzer, St-Agathon ; à l'ouest par Pabu, Tregonneau, Squiffiec. Sa population est de 3 032 habitants, et sa superficie de 3 303 hectares 19 ares, dont 2 213 hect. sous terres labourables, 164 sous prés et pâturages, 397 sous bois, 26 sous vergers et jardins, 303 sous landes et terres incultes. Elle renferme 744 maisons, 10 moulins. Son revenu cadastral est de 101 451 fr. 43 c., et son revenu vrai de 152 177 fr., soit 2/3 pour proportion entre ces deux revenus.

La commune de Pommerit-le-Vicomte appartient à l'arrondissement de St-Brieuc, mais elle pénètre, par une large trouée, dans celui de Guingamp, et vien finir à quelques kil. à peine de cette dernière ville. Son territoire est plat et couvert ; il renferme un bois d'une assez forte étendue et un gisement de terre argileuse exploité par les potiers de la commune de Pabu, qui l'avoisine. La couche supérieure de cette terre est grossière, mais en creusant à deux ou trois mètres de profondeur, on découvre une argile fort belle, que l'on croit propre à la fabrication de la faïence fine.

Commerce et industrie. La filature du lin occupait jadis une grande quantité de bras : elle fournissait du travail aux femmes pendant toute l'année, hors le temps de la moisson, et aux hommes une partie de l'hiver, pour la préparation de la filasse. Mais aujourd'hui cette industrie fait complètement défaut au pays ; aussi la misère y a pris de proportions alarmantes : on compte plus de 500 pauvres en Pommerit ! Cependant les lins que produit le territoire sont de bonne qualité ; mais la concurrence force à les vendre à des prix extrêmement réduits et qui ne laissent que peu de marge aux bénéfices. Il s'exportent par Pontrieux pour St-Brieuc, Quintin et environs. Les fils se vendent à Morlaix.

La commune exporte encore, par le port de Pontrieux, des grains à destination du midi de la France, et de la graine de trèfle pour la Belgique, la Hollande et le Nord. Elle expédie aussi des graisses et du bois à feu pour Paimpol et environs. [196]
Le Bourg de Pommerit-le-Vicomte est situé à 25 kil. O. N.-O. de St-Brieuc, et à 9 kil. de Lanvollon. Il a pour bureau de poste Guingamp. En 1790, lors de la nouvelle division administrative de la France, il fut érigé en chef-lieu de canton sous le nom de Pommerit-les-Bois. Sa population agglomérée est de 400 habitants. Il renferme un assez bel édifice commencé par une haute et puissante dame du parti calviniste, qui y fut exilée sous Louis XIV, et plusieurs maisons dont l'origine est assez bizarre : un curé fort riche, mais d'humeur un peu processive, en faisait bâtir une à chaque cause qu'il perdait, afin de montrer par là et par les inscriptions qu'il y faisait placer, que sa fortune était encore assez grande pour inquiéter ses adversaires et attrister le triomphe qu'ils venaient de remporter sur lui. Parmi les plus jolies habitations du bourg figurent celles des MM. Mazé et M. Duval.

Pommerit, d'après les étymologistes, dérive de Peumerit ou Peuverit ar bescont, breton de Tréguier qui signifie grande paroisse du vicomte. Dans ce cas, peu serait une abréviation de pleu ou plou, et merit de meur ou meurit, grand.

Pommerit est chef-leu de perception et résidence d'un notaire. Il s'y tient des foires le lundi après le troisième dimanche d'août et le lundi après le premier dimanche d'octobre.

Annales. En 1451 et 1455, Jean du Châtelier, vicomte de Pommerit, assista, en qualité de chevalier banneret, aux parlements généraux tenus par le duc Pierre II.

En 1489, à l'époque de la prise de Guingamp par les Français, un combat eut lieu, près le mont de Squiffiec, entre les troupes du vicomte de Rohan et celles de la duchesse. Beaucoup de seigneurs bretons y perdirent la vie. On montre encore un petite lande, située vers les confins de Pommerit et de Pelet, à laquelle la tradition a conservé le nom de Placen-traou-batail, ou lieu bas de la bataille.

Vers 1590, la vicomté de Pommerit passa à Charles de Gouyon qui, vingt-cinq ans plus tard, lors de son mariage avec Claudine du Châtel, pris le titre de marquis de la Moussaye. Cette branche s'étant éteinte sans prospérité masculine, le marquisat de la Moussaye passa à un branche cadette de Gouyon, et la baronnie de Quintin, ainsi que la vicomté de Pommerit, fut acquise par la maison des Durfort, d'où sont sortis les ducs de Lorges.

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En 1693, messire Louis Le Fur, prêtre de l'ordinaire, entreprit de faire le pèlerinage de Rome. À cet effet, une partie du casuel lui fut réservé, d'après un acte du 18 mars, lequel est consigné aux registres de naissances et signé de M. de la Grève, recteur, et de tous les prêtres de la paroisse.

En 1694, Charles de la Folize, sieur de Briqueville, écuyer, secrétaire des orfinaires de la feue reine, intendant général du duc de Lorge, baron de Quintin, vicomte de Pommerit, présenta sur les fonts baptismaux un enfant au sieur Braière de Bodelio, procureur fiscal de Pommerit-le-Vicomte.

En 1716, Saint-Gilles, qui était alors trève de Pommerit, est séparé de cette paroisse.

En 1790, lors de la nouvelle division administrative de la France, Pommerit fut érigé en chef-lieu de canton sous le nom de Pommerit-les-Bois, ainsi que nous l'avons déjà dit. Il faisait alors partie du district de Pontrieux.

En 1800, un engagement eut lieu près du Restmeur, entre les républicains et les royalistes. Les premiers furent obligés de battre en retraite, après avoir perdu trois hommes ; les royalistes, vainqueurs, s'établirent dans le château, où ils placèrent des sentinelles, circonstance qui coûta la vie au jardinier de la maison. Cet homme étant allé fêter la victoire que venait de remporter le parti auquel il appartenait, s'oublia au cabaret, où il se grisa. Rentrant ivre au Restmeur, il répondit imprudemment républicain ! au qui vive du factionnaire. Ce dernier tira sur lui et l'étendit raide mort.

En 1828, le 27 juin, un orage épouvantable occasionna dans la commune des dégâts qui furent évalués à la somme de 23 236 f. On constata que plusieurs des grêlons qui furent ramassés avaient la grosseur d'un oeuf de pigeon.

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Monuments. L'église paroissiale est sous l'invocation de la Vierge et de saint Pierre. La date de sa fondation n'est pas connue ; mais partout le style ogival y domine. La maîtresse vitre, dont les meneaux de granit encadraient jadis de beaux vitraux de couleur, est tout entière ogivale. La partie inférieure de la nef a été rebâtie en 1821 ; elle était formée de piliers romans, et remonte à une antiquité beaucoup plus reculée que le choeur. La tour a une date certaine : elle a été construite de 1704 à 1712, aux frais de messire Jacques de la Grève, recteur de Pommerit, qui légua de plus à sa paroisse 200 livres de fondations diverses, somme considérable à cette époque. Elle a au moins 34 mètres d'élévation. La porte principale de l'église, qui est au-dessous, est parfaitement sculptée. Son architecture est d'ordre dorique.

La chapelle du Paradis, monument remarquable, entièrement construit en pierres de taille, d'une jolie architecture, fut commencée en 1398 et achevée en 1415. Trois siècles plus tard, en 1721, quelques-unes de ses parties menaçant ruine furent reconstruites en totalité. La révolution de 89 trouva donc cette chapelle dans un état parfait de conservation ; mais elle fut sans pitié comme sans respect pour elle, de telle sorte qu'en 1819 elle était tombée dans un déplorable délabrement : elle fut restaurée alors au moyen de souscription et de quêtes qui produisirent 4 000 f. Sur la porte d'entrée sont gravées les armes des Duchâtel, anciens seigneurs de Tonquédec et vicomtes de Pommerit. Cette chapelle est desservie.

Notre-Dame du Folgoat est desservie. La haute antiquité à laquelle remonte cette chapelle ne peut être mise en doute : mais on ignore l'époque précise de sa fondation.

Quatre autres chapelles existaient jadis en Pommerit : Saint-François de Salles, Saint-Pierre Legal, Saint-Jérôme et Saint-Tugdual. Cette dernière, que l'on suppose avoir été la chapelle domestique de Kermoisan, ancienne terre de fief, était détruite avant la révolution ; les trois autres ne l'ont été que depuis.

Les chapelles domestiques de Kergongard et du Restmeur subsistent toujours ; mais elles ne sont plus desservies. La première fut fondée, en 1648, par Alain le Charpentier, seigneur de Kergongard. On ignore la date de la fondation de la seconde. Le Rumeur avait aussi une chapelle privée, mais elle a été démolie avec le château.

Saint Callac, moine de Landevenec, avait dans cette paroisse une chapelle qui portait le même nom que lui ; mais elle n'existe plus depuis longtemps.

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À l'angle nord du bois de Pommerit, on distingue encore l'emplacement du château de Baliveau, polygone arrondi, ceint de fossés toujours pleins d'eau. On suppose que c'était un château fortifié du XII siègle. L'enceinte a environ 55 ares ; elle est cultivée. On ne sait rien de positif touchant la fondation ni même la destruction de ce château.

On remarque un assez beau dolmen sur la terre de Kerbic.

Le cimetière de Pommerit renferme un if d'une dimension vraiment phénoménale. Il a huit mètre de circonférence, et ses branches couvrent 169 mètres de superficie. En 1704, lors de la construction de la tour, il était déjà très-vieux ; l'on y suspendit les cloches pendant tout le temps que durèrent les premiers travaux. Du haut de la tour de la chapelle du Paradis, on jouit d'un point vue admirable : l'oeil embrasse sans effort une étendue de deux à trois myriamètres.

Coutumes. Comme partout, les anciens usages vont se perdant chaque jour dans cette commune. Cependant on y a conserver l'usage de souhaiter la bonne année en chantant des noëls aux portes quelques jours à l'avance. Le soir du 31 décembre, toutes les habitations sont assiégées par des bandes de chanteurs et de chanteuses, qui s'y disputent l'entrée par des attaques et des réparties rimées, dans lesquelles chacun cherche à embarrasser son adversaire. Ces sortes de disputes se reproduisent lors des demandes en mariages et lors de la célébration des noces.

L'ancienne paroisse de Pommerit-le-Vicomte dépendait de l'évêché de Tréguier et de la subdélégation de Guingamp. Elle avait pour seigneur, au moment de la révolution, le duc de Lorge, qui présentait à la cure, ainsi qu'à Saint-Gilles, qui fit partie de Pommerit, comme trève, jusqu'en 1705.

La seigneurie de Pommerit, ancienne bannière, avait titre de vicomté ; elle appartenait, dès le 12e siècle, aux seigneurs du Châtel. Elle avait haute justice en 1787. La seigneurie de Montafilant avait plusieurs fiefs dans cette paroisse.

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Ses maisons principales sont : le Restmeur, Kergongard, Kerbic. Kermoisan et Kerbouézic, ne sont aujourd'hui que de simples fermes ; mais leurs cheminées hexagones et chargées d'ornements, attestent la splendeur de ces lieux jadis nobles.

En 1500, le manoir de Kermillon appartenait au sieur du Champ, garde naturel du vicomte de Pommerit, son fils.

Le Restmeur appartenait, en 1500, à Jean de la Lande ; en 1700, à écuyer F. du Bosquet ; depuis 1800 à la famille de Roquefeuille.

Kergongard, en 1500, à Vincent le Charpentier ; en 1700, à Rollon de la Villeneuve ; en 1800, à de Lausanne, maintenant aux héritiers de ce dernier.

Kervenon, en 1500, à Pierre Poences ;

Le Mouldan, en 1500, au sieur du Vieux-Châtel.

Kerbreselec, en 1500, à Yves le Roux ; en 1700, au sieur du Liscoët ; depuis 1800, à la famille de Tréveneuc.

Bugily, en 1500, à Jeanne Le Roux.

Le Rumeur-Kermoisan, en 1500, à Robert le Borgne ; en 1700, au sieur Kermoisan, actuellement à l'hospice de Guingamp.

Kerboussa, en 1300, à N.

Le Cosquer, en 1700, au sieur de la Lande ; depuis 1800 à la famille Morel.

Kermouster, en 1700, au sieur Binet de Kerbeau ; depuis 1800, à la famille de Gouyon de Coigne.

Kerbic, en 1700, à écuyer Pierre Raizon ; depuis 1800 à la famille de Floyd. Cette famille est venue en France avec le roi Jacques.

Patrie de Jean Le Brun, avocat en cour de Rome, conseiller et aumônier du duc Jean le Conquérant, enfin évêque de Tréguier. Il est mort en 1378.

Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne

Extrait des pages 366 et 367

Pommerit-le-Vicomte ; à 4 l. 1/4 au S.-S.-E. de Tréguier, son évêché ; à 26 l. de Rennes et à 1 l. 1/2 de Guingamp, sa subdélégation. On y compte 2700 communiants. M. le duc de Lorges en est le seigneur, et, en cette qualité présente la cure, qui est un patronage laïque. La seigneurie du lieu est une ancienne bannière, qui, dès le XIIe siècle, appartenait aux seigneurs du Châtelier. En 1451 et 1455, Jean du Châtelier, vicomte de Pommerit, assista, en qualité de chevalier banneret, aux Parlements généraux tenus par le duc Pierre II. Cette terre a une haute-justice qui appartient à M. le duc de Lorges*. La seigneurie de Montafilan a plusieurs fiefs dans ce territoire, dont le terrain, plat et couvert, est abondant en grains, foin, lin et fruits ; les bois et les landes de Pommerit sont fort étendus. En 1500, le manoir de Kermillon appartenait au sieur du Champ, garde naturel du vicomte de Pommerit, son fils. Le Reste-Meur, aujourd'hui le Remeur*, à Jean de la Lande ; Kergongar, à Vincent le Charpentier ; Kervenon, Pierre Poences ; le Mouldan, au sieur du Vieux-Châtel ; Kerbresselec, à Yves le Roux ; Bugily, à Jeanne le Roux ; le Resmeur-en-Moisan [Le Rumeur-Kermoisan], et Resmeur-en-Pellec, à Robert le Borgne ; Kerboussa à N...

POMMERIT-LE-VICOMTE (sous l'invocation de la Vierge et de saint Pierre) commune formée de l'anc. par. de ce nom ; aujourd'hui succursale ; chef-lieu de perception, - Limit. N. Saint-Clet, Saint-Gilles ; E. Gommenec'h, Goudelin ; S. le Merzer, Saint-Agathon ; O. Pabu, Trégonneau, Squiffiec. - Princip. vill. Guervran, Saint-Jérôme, Kespertz, Kgillot, Kvézélec, Kropertz, Khonn, Ksemper, Poulranet, Kbertou, Lan Restmeur, Languern, Kmoisan, Kbouillonou, Lanveur, Ķbesconte, Ksimon, Kherve, Kodren, Kuzec, Kjavré, Saint-François, Kvaudry, Croas Guen, le Corpon, Kvenot, Koualze, Kgongard, Pouldec, Kbic, Kbonom, Lan Thépault, Kvan, Kvaudry, Kvec, Knivinen, Folgoat, Kdanet, Kmarhat, Pebregat. - Maison principale, le Restmeur. Superf. tot. 3303 hect., dont les princip. div. sont : ter. lab. 2213 ; prés et pât. 164 ; bois 397 ; verg. et jard. 26 ; landes et incultes 303 ; sup. des prop. bât. 24 ; cont. non imp. 176. Const. div 764 : moulins 10 (de Khomm, du Perion, de Pommerit, du Heliou, de Saint-Laurent, du Perrier, Neuf, à eau) ==> Pommerit-le-Vicomte, dit aussi Pommerit-les-Bois, porte en Breton le nom de Peuverit-ar-Bescond, qu'on pourrait expliquer par la grande paroisse du Vicomte, étymologie que, du reste nous donnons sans l'adopter, et qui a besoin pour se justifier de Pen Pieu et de Merit Meurit, dérivé de Meur. Cette commune est en quelque sorte enclavée dans l'arrondissement de Guingamp, bien qu'elle fasse partie de celui de Saint-Brieuc. Cette paroisse et celle de Saint-Gilles-le-Vicomte, jadis sa trève, relevaient des seigneurs de Quintin qui prenaient le titre de vicomtes de Pommerit. Outre l'église, il y avait jadis en cette paroisse les chapelles de Saint-Tugdual, Saint-François, Saint-Pierre, Saint-Jérôme, Notre-Dame du Folgoat et Notre-Dame du Paradis. La première de ces chapelles était détruite avant 1789 ; les trois suivantes l'ont été depuis ; enfin les deux dernières existent encore et sont desservies alternativement chaque dimanche. La chapelle du Paradis est un édifice remarquable ; commencée en 1398, elle fut achevée en 1405. Vers 1720 elle menaçait ruine, et on la rebâtit en partie. Pendant la révolution, elle souffrit beaucoup ; mais en 1819 on la restaura à l'aide d'une souscription qui donna environ 4 000 fr. Cette chapelle, d'une jolie architecture, est entièrement en pierres de taille, et l'on remarque sur la porte d'entrée les armes des Duchâtel, anciens seigneurs de Tonquédec et vicomtes de Pommerit. L'église paroissiale, dont nous ignorons la date de fondation, est en général du style ogival. La maitresse-vitre est entre autres tout entière ogivale, et ses meneaux en pierre, encadraient autrefois de fort beaux vitraux de couleur. La partie inférieure de la nef, qui était plus ancienne que le choeur, a été rebâtie en 1821. La tour est d'une architecture récente ; elle a été construite de 1704 à 1712, aux frais d'un recteur de Pommerit, messire Jacques de la Grève. Cette tour n'a pas moins de 34 m d'élévation, mais elle est de ce style bâtard gréco-romain, qui heureusement a fait peu de progrès dans notre Bretagne, dans les XVIIe et XVIIIe siècles, époque de sa plus grande fureur. Messire de la Grève avait en outre, en mourant, légué à sa paroisse 200 livres de fondation diverses, somme importante alors, car on trouve sur les registes de la paroisse les titres d'une fondation faite à la même époque, pour deux messes chantées chaque année, à jour fixe, moyennant 15 sous de rente. La trève Saint-Gilles fut séparée de Pommerit en 1716.

Comme nous l'avons dit plus haut Pommerit était une ancienne vicomté, appartenant à l'illustre maison Duchâtel. Vers 1590 elle passa à Charles de Gouyon (marquis de la Moussaye en 1615), par son mariage avec Claudine Duchâtel. Cette branche s'étant éteinte sans postérité masculine, le marquisat de la Moussaye passa à une branche cadette des Gouyon, et la baronie de Quintin, avec la vicomté de Pommerit, passa par vente dans la maison des Durfort d'où sont les ducs de Lorge. En 1790, lors de la nouvelle division administrative de la France, Pommerit, sous le nom de Pommerit-des-Bois, fut érige en chef-lieu de canton. Il n'y a pas, à proprement parler, de château en cette commune, mais plusieurs manoirs anciens, dont les principaux sont le Restmeur, Kergengar et Kerbic. Deux fermes ont aussi conservé des cheminées hexagones et ornementées, qui annoncent qu'elles ont été jadis des lieux nobles ; ce sont Ķermoisan et Kerbouezic. Ogée a confondu le Restmeur et le Rumeur ; ce sont deux terres distinctes, dont l'une appartient à la famille de Roquefeuil, et dont l'autre, ancienne propriété des Kermoisan, est maintenant à l'hospice de Guingamp. On remarque à l'angle nord-est du bois de Pommerit les vestiges d'une ancienne fortification qui a sans doute appartenu à un château-fort du XIIe siècle. C'est une enceinte entourée de fossés pleins d'eau et bien conservés. Elle a environ 55 ares de superficie, et porte dans le pays le nom évidement moderne de Château du Baliveau. En 1489, à l'époque de la prise de Guingamp par les Français, sous les ordres du vicomte de Rohan, un combat eut lieu près le pont de Squiffiec entre ses troupes et celles de la duchesse. Beaucoup de seigneurs bretons y perdirent la vie. On montre encore une petite lande vers les confins de Pommerit et de Pelet, à laquelle la tradition a conservé le nom de placen-traou-bataille ou lieu bas de la bataille. En 1800, un engagement eut lieu entre les républicains et les royalistes près du château du Restmeur ; les premiers perdirent trois hommes et furent obligés de battre en retraite ; les royalistes, vainqueurs, s'établirent dans le château. Le jardinier du Restmeur, qui était allé fêter la victoire des royalistes, rentrant gris, répondit au factionnaire qui lui criait qui vive ?Républicain ! — Le factionnaire lui envoya une balle qui l'étendit raide mort.

Pommerit réclame comme siens plusieurs hommes qui ont marqué dans l'histoire, entre autres deux évêques ; le premier, Jean Lebrun, avocat en cour de Rome, était évêque de Tréguier en 1371 ; le second, Geffroy de Ķermoisan était évêque de Cornouailles en 1358, et de Dol en 1373. L'amiral de Guichen, qui commandait la Ville-de-Paris au combat d'Ouessant, et qui prit une part si belle à la guerre de l'indépendance américaine, possédait en Pommerit le château de Ķergangar, dont il avait épousé l'héritière, et où il résida longtemps. On voit sur la terre de Kerbic un dolmen peu remarquable. Mais une autre antiquité mérite quelque attention : c'est le fameux if du cimetière de Pommerit. Cet arbre, qui n'a pas moins de 8 mètres de circonférence, couvre de ses branches 169 mètres superficiels. En 1703, lorsque l'on construisit la tour, il était déjà fort vieux, et l'on y suspendit cloches, en attendant que leur logement fût prêt.

Une industrie importante alimentait jadis cette commune, l'industrie des lins. Il y a quelques années à peine, c'était pour ce pays une ressource immense, et beaucoup de familles pauvres étaient venues chercher une utile occupation à Pommerit. Mais la rivalité des fils belges et anglai,s préparés à la mécanique, a tué en cette localité l'industrie linière. L'aisance a fait place à la misère, et aujourd'hui Pommerit ne compte pas moins de cinq cents mendiants sur une population de 3000 âmes. Les lins sont encore cultivés, mais on les exporte non préparés. Cette commune exporte aussi des grains et du bois de chauffage. Pontrieux est le point par lequel ces exportations se font. Il y a, dans la partie sud-ouest de Pommerit, un gisement assez étendu d'argile à poterie. La couche supérieure de cette argile est grossière, mais, au dessous de 2 ou 3 mètres, on trouve une argile fort belle et qui, selon toute apparence, pourrait être employée pour la fabrication de la faïence fine. Ce gisement alimente les poteries nombreuses de la commune de Pabu.

À mesure que la langue bretonne disparait, les vieux usages s'en vont de notre terre de Bretagne ; aussi, beaucoup de ceux-ci naguère en honneur, sont-ils oubliés, et ne vivent-ils plus que dans la tradition. Il faut les regretter, car ils étaient pour le cultivateur une utile diversions à ses maux et à ses rudes labeurs. Pommerit n'a conservé que l'usage d'aller frapper aux portes dans la nuit du 31 décembre, en interpellant les habitants des maisons par des chansons rimées, la plupart du temps fort originales. C'est à qui embarrassera ses adversaires par des énigmes ou des paroles bizarres, et les rieurs ne manquent pas aux triomphateurs. Ces chants énigmatiques, ces prophéties rimées, sont aussi en usage pour les demandes en mariage et pour la célébration des noces. On jouit, du haut de la chapelle du Paradis, située sur une colline dominant un gros ruisseau qui va se jeter dans le Trieux, d'une vue superbe. De ce point élevé, l'on découvre plus de deux tiers d'horizon. Il se tenait jadis quatre foires à Pommerit ; aujourd'hui, il n'y en a plus que deux, savoir : le lundi après le premier dimanche d'octobre et le lundi après le troisième dimanche d'août. Géologie : constitution granitique. On parle le breton.